{"id":3482,"date":"2007-02-13T22:59:00","date_gmt":"2007-02-13T22:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fifthinternational.org\/la-social-democratie\/"},"modified":"2007-02-13T22:59:00","modified_gmt":"2007-02-13T22:59:00","slug":"la-social-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fifthinternational.org\/en\/la-social-democratie\/","title":{"rendered":"La social-d\u00e9mocratie"},"content":{"rendered":"<p>Pendant quatre-vingt-dix ans, la social-d\u00e9mocratie a trahi la classe ouvri\u00e8re, n\u00e9anmoins elle est toujours en vie. La t\u00e2che de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de travailleurs et d\u2019anticapitalistes est de lui livrer un coup fatal.<\/p>\n<p>Pour cela, nous devons d\u2019abord comprendre ce qu\u2019est la social-d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Le mouvement ouvrier est constitu\u00e9 non seulement de syndicats mais aussi de partis. Ceux-ci incluent les partis sociaux-d\u00e9mocrates, socialistes et travaillistes d\u2019Europe et d\u2019Oc\u00e9anie. Plus r\u00e9cemment, nous avons vu la mont\u00e9e du Parti des Travailleurs (PT) au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>Fond\u00e9s et soutenus par les organisations de la classe ouvri\u00e8re, ces partis restent vou\u00e9s au capitalisme dans leur politique et leurs actions. Il s\u2019agit de partis ouvriers bourgeois.<\/p>\n<p>Comment cela est-il possible ? La r\u00e9ponse se trouve dans leur histoire, leur structure et leur r\u00f4le.<\/p>\n<p>Avec le d\u00e9but de la Premi\u00e8re Guerre Mondiale, les dirigeants des plus importants partis de la Deuxi\u00e8me Internationale, aussi bien les \u00ab marxistes \u00bb que les travaillistes, d\u00e9clar\u00e8rent leur loyaut\u00e9 envers \u00ab leur \u00bb patrie imp\u00e9rialiste.<\/p>\n<p>Ils abandonn\u00e8rent la lutte pour une soci\u00e9t\u00e9 sans classe fond\u00e9e sur la production sociale des moyens de production. A la place, ils se limit\u00e8rent \u00e0 r\u00e9former le capitalisme. Depuis, ils ont toujours \u00e9t\u00e9 fermes dans leur loyaut\u00e9 aux exploiteurs, sp\u00e9cialement en temps de guerre ou de crise.<\/p>\n<p>Des partis bas\u00e9s autrefois sur la lutte de classe militante se sont enti\u00e8rement focalis\u00e9s sur le parlement et sur une victoire \u00e9lectorale devenue le \u00ab seul \u00bb moyen d\u2019am\u00e9liorer les salaires et les conditions de vie des travailleurs. Leur message \u00e9tait simple : \u00ab Limitons le programme \u00e9lectoral \u00e0 celui qui obtiendra le maximum de voix. Laissons le socialisme et l\u2019internationalisme pour les discours du Premier Mai. \u00bb<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, ils ont gard\u00e9 leurs racines dans les organisations ouvri\u00e8res, avec le but de les incorporer dans le capitalisme. Ils ont gard\u00e9 des liens \u00e9troits avec les syndicats par l\u2019affiliation directe, en organisant une fraction politique dans les syndicats ou simplement en s\u2019assurant une pr\u00e9sence massive parmi leurs dirigeants et militants. Pour garder ces \u00ab liens organiques \u00bb, ils ont d\u00fb promettre de \u00ab d\u00e9fendre \u00bb les syndicats, les salaires, les r\u00e9formes sociales et les droits d\u00e9mocratiques, toujours bien s\u00fbr par des moyens l\u00e9gaux et pacifiques.<\/p>\n<p>Ils affirm\u00e8rent repr\u00e9senter l\u2019ind\u00e9pendance du mouvement ouvrier aux \u00e9lections parlementaires et municipales par rapport aux partis ouvertement capitalistes. Les r\u00e9formes sociales obtenues apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale ont renforc\u00e9 les illusions de millions de travailleurs que ces partis pouvaient r\u00e9former le capitalisme voire m\u00eame le remplacer par une nouvelle soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, lors des \u00e9lections, ils dominent les mouvements ouvriers de chaque pays.<\/p>\n<p>Mais dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies, m\u00eame les d\u00e9put\u00e9s et les bureaucrates syndicaux ont \u00e9t\u00e9 mis sur la touche. Les adh\u00e9rents de ces partis ont chut\u00e9 de fa\u00e7on dramatique et leur vie interne s\u2019est \u00e9tiol\u00e9e. La base d\u2019activistes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9e ; les ailes gauches ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duites au silence, expuls\u00e9es ou ont abandonn\u00e9 le parti en masse. Dans certains cas, des partis r\u00e9formistes plus petits ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par la gauche d\u00e9\u00e7ue.<\/p>\n<p>Avec la marche triomphale du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme dans les ann\u00e9es 1990, les journalistes et acad\u00e9miciens ont pr\u00e9dit que la social-d\u00e9mocratie \u00e9tait d\u00e9mod\u00e9e, ne pourrait plus aller au pouvoir et allait dispara\u00eetre. Ils se sont tromp\u00e9s.<\/p>\n<p>Le renouveau de la lutte de classe et la mont\u00e9e de larges mouvements sociaux dans l\u2019Europe des ann\u00e9es 1990 a conduit \u00e0 des victoires \u00e9lectorales pour les partis sociaux-d\u00e9mocrates et travaillistes. Mais si les travailleurs esp\u00e9raient voir des r\u00e9formes sociales majeures, comme celles des ann\u00e9es de l\u2019apr\u00e8s-guerre, ils furent d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n<p>La social-d\u00e9mocratie accepte les diktats du n\u00e9o-lib\u00e9ralisme et de la mondialisation. La \u00ab troisi\u00e8me voie \u00bb de Blair et le \u00ab nouveau centre \u00bb de Schroeder ont favoris\u00e9 les forces du march\u00e9 aux d\u00e9pens de vieux programme keyn\u00e9sien de la social-d\u00e9mocratie. Ils affirment qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alternative \u00e0 la privatisation des industries, des infrastructures et des t\u00e9l\u00e9communications. Les taxes sur les entreprises doivent \u00eatre r\u00e9duites, les d\u00e9penses publiques doivent \u00eatre coup\u00e9es et les droits de travailleurs affaiblis ou annul\u00e9s. En pr\u00e9paration pour la privatisation, ils impliquent la S\u00e9curit\u00e9 sociale dans un partenariat avec le secteur priv\u00e9. Dans certains pays, les campagnes et l\u2019action militante ont pu ralentir ce processus, rendant la confrontation entre social-d\u00e9mocratie et classe ouvri\u00e8re in\u00e9vitable.<\/p>\n<p>En pr\u00e9paration de cela, et sous couvert de la \u00ab guerre contre le terrorisme \u00bb, les gouvernements sociaux-d\u00e9mocrates ont lanc\u00e9 des attaques brutales contre les libert\u00e9s civiques. En m\u00eame temps, alarm\u00e9s par la mont\u00e9e de partis racistes de droite, les sociaux-d\u00e9mocrates ont essay\u00e9 d\u2019utiliser les m\u00eames arguments, avec des attaques scandaleuses contre les droits des immigr\u00e9s et des r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans les p\u00e9riodes de radicalisation, se d\u00e9veloppe souvent au sein de ces partis une aile gauche dont la sp\u00e9cialit\u00e9 est de \u00ab diriger \u00bb la lutte afin de la trahir ensuite. Alors qu\u2019au gouvernement ces partis se trahissent et d\u00e9\u00e7oivent leurs soutiens dans la classe ouvri\u00e8re, une fois \u00e0 l\u2019opposition, ils renouvellent ces illusions.<\/p>\n<p>Les r\u00e9volutionnaires sont aujourd\u2019hui une petite minorit\u00e9 dans la plupart des pays. Notre t\u00e2che principale est de mettre fin aux illusions de la classe ouvri\u00e8re dans la direction r\u00e9formiste. Mais la seule propagande n\u2019est pas suffisante. Nous devons travailler patiemment c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec les travailleurs r\u00e9formistes, exigeant que les dirigeants sociaux-d\u00e9mocrates et travaillistes d\u00e9fendent les int\u00e9r\u00eats des travailleurs. Nous d\u00e9montrerons ainsi dans la pratique les trahisons de ces dirigeants. C\u2019est seulement de cette fa\u00e7on que les r\u00e9volutionnaires peuvent convaincre de larges secteurs du mouvement ouvrier d\u2019organiser un nouveau parti politique qui soit vraiment le sien, et d\u2019arracher la direction du mouvement des mains de la social-d\u00e9mocratie et du travaillisme.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la description que faisait Rosa Luxemburg de la social-d\u00e9mocratie sera vraie aussi pour ce qui est de son organisation : un cadavre pourri.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant quatre-vingt-dix ans, la social-d\u00e9mocratie a trahi la classe ouvri\u00e8re, n\u00e9anmoins elle est toujours en vie. La t\u00e2che de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de travailleurs et d\u2019anticapitalistes est de lui livrer un coup fatal. Pour cela, nous devons d\u2019abord comprendre ce qu\u2019est la social-d\u00e9mocratie. 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